L'ASSAINISSEMENT - QU'EST CE QUE C'EST
L'assainissement
est fortement lié à la santé publique en raison des nombreuses
maladies liées à un milieu malsain.
La proximité avec
les eaux usées peut engendrer des maladies à transmission fécale-orale
(diarrhée, typhoïde, hépatites, choléra), ou liées
à un vecteur (paludisme, filariose, dengue). D'autres maladies sont également
liées à un mauvais assainissement de base et en particulier à
des latrines défectueuses ou inexistantes : bilharziose, nématodes
ou autres vers. L'assainissement vise à assurer l'évacuation et
le traitement des eaux usées et des excretas en minimisant les risques
pour la santé et pour l'environnement.
Les déchets solides (reliefs
de repas
) subissent une rapide décomposition, et peuvent être
des sources pathogènes. Leur collecte et leur élimination contribue
également à maintenir un environnement salubre.
Les eaux de ruissellement
peuvent entraîner, lors des fortes pluies, des inondations, des éboulements
et une détérioration des routes et des bâtiments. L'assainissement
vise ainsi à assurer la protection des biens et des personnes jusqu'à
une certaine intensité de pluie.
Domaines d'activité
De
manière générale, l'assainissement comprend l'évacuation
et le traitement des eaux et des solides usagés. Ces matières incluent
les eaux de pluie, de drainage, de lavage, les eaux usées et / ou provenant
de toilettes, les excréments, et les déchets solides ; ces
derniers ont différentes origines (domestique, agricole, industrielle,
médicale...).
Les méthodes d'évacuation et de traitement
diffèrent selon la taille de la ville, selon le type de zone (urbaine,
péri-urbaine, communauté urbaine), selon les moyens disponibles
et les habitudes culturelles.
Eaux

Vue
d'un égout visitable type ovoïde à Paris (visite publique des
égouts de Paris).
Les eaux à
traiter sont globalement divisées en deux secteurs : d'une part, les
eaux de ruissellement, qui proviennent en majorité des eaux de pluie. Ces
eaux s'écoulent en surface et posent problème dans les zones urbaines
où le sol est rendu imperméable par la construction de routes et
de bâtiments : l'eau peut s'accumuler, former des lieux de reproduction
des moustiques, créer des inondations et endommager les infrastructures.
Le drainage vise donc à évacuer ces eaux vers le milieu naturel :
cours d'eau, océan..., ou dans une zone où l'infiltration est possible.
D'autre
part, les eaux usées désignent les eaux déjà utilisées
dans des activités humaines (domestiques, industrielles, agricoles). Ici,
le but est en partie d'évacuer ces eaux pour éviter qu'elles ne
stagnent en surface (source de maladies, de nuisance s olfactives, ...) et de
les traiter afin de minimiser la pollution de l'environnement, avant de les retourner
au milieu naturel, par un processus d'épuration des eaux.
Dans les grandes
villes des pays développés, un système d'égout remplit
ces rôles : le drainage des eaux de ruissellement est fait en surface
par des caniveaux se vidant régulièrement dans le réseau
d'égout souterrain ; les bâtiments y sont reliés par
des canalisations ce qui évite la présence d'eaux usées en
surface. Les toilettes y sont ainsi reliées directement et un siphon évite
les retours d'odeurs dans le bâtiment. Mais un réseau d'égout
représente un investissement très élevé, son entretien
demande aussi beaucoup de ressources humaines et matérielles ; il
encourage une grande consommation d'eau en déresponsabilisant les utilisateurs ;
ses inévitables fuites contribuent à la pollution du sous-sol.
D'autres
possibilités existent : les systèmes autonomes en zones peu
denses, et les réseaux d'égouts simplifiés ou à faible
diamètre permettent de soulager grandement les coûts d'investissement
et d'entretien et la charge sur le système d'épuration (en ne transportant
que la fraction liquide des eaux noires pour les systèmes à faible
diamètre). Les eaux de ruissellement peuvent rester en surface si les caniveaux
et les canaux à ciel ouvert sont correctement aménagés.
Excréta

Une
toilette, moyen le plus courant dans les villes des pays développés
d'évacuer les excréments.
L'évacuation des excréta
est probablement l'aspect le plus important au niveau domestique : si les
déchets et les eaux usées peuvent simplement être jetés
dans la rue en l'absence de système de gestion, la défécation
non contrôlée est une source importante de maladies et de gêne
dans la vie quotidienne. L'Unicef et l'OMS utilisent l'accès à une
latrine améliorée comme indicateur de l'assainissement de base,
avant de considérer les eaux et les déchets solides.
Au niveau
de l'urbanisme, le principal choix pour la gestion des excréta concerne
l'évacuation sur place ou à distance. L'évacuation à
distance consiste à relier une toilette soit à un réseau
d'égout (qui évacue à la fois les solides et les liquides),
soit à une fosse septique qui retient les solides et évacue les
liquides. Ces deux systèmes ont besoin d'une grande quantité d'eau
pour fonctionner : plus de 25 litres par jour et par personne. L'évacuation
sur place consiste à utiliser une latrine située sur une fosse creusée
ou surélevée, contenant les matières fécales et laissant
éventuellement la fraction liquide s'infiltrer dans le sol si la nappe
phréatique est suffisamment loin. Le problème de la vidange de la
fosse se pose alors.
La gestion des excréta peut aussi se faire écologiquement
avec des toilettes sèches, permettant de réutiliser le compost ;
si ces systèmes se développent petit à petit, leur acceptance
reste compliquée face à l'apparente simplicité (du point
de vue de l'usager) offerte par un système d'égout. A ce jour, peu
de programmes d'assainissement écologique ont été menés
à une plus grande échelle que celle d'un projet-pilote.

