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Chauffage : LES DIFFERENTES ENERGIES ET EXPLICATIONS


Un fioul qui s'enflamme plus vite que l'essence, une dérégulation des marchés du gaz naturel et de l'électricité, une volonté pour certains de concilier son confort thermique avec le développement durable, un crédit d'impôt porté à 50% pour certains équipements, le contexte du chauffage a énormément évolué depuis le début des années 2000.
En octobre 2006, le prix du fioul atteint presque celui de l'électricité en tarif de nuit. Opter pour un tel système en construction neuve ou en rénovation lourde n'est assurément pas rentable au vu de l'investissement nécessaire et de l'évolution certaine des prix du pétrole. La même remarque s'applique au gaz propane.
Par ailleurs, en juillet 2007 la dérégulation du choix des fournisseurs d'électricité et de gaz naturel sera totale. Faut-il en attendre une baisse des prix ? Certainement pas si l'on analyse les prix en Europe publiés par the UK Department of Trade & Industry.
Pour ce qui est du gaz, depuis l'arrêté du 16 juin 2005, les tarifs de vente hors taxes du gaz combustible distribué par les réseaux de distribution publique vont déjà pouvoir augmenter tous les trois mois jusqu'en 2007 où la distribution aux particuliers sera libéralisée.
La marge à la hausse est forte. Si le prix du gaz naturel français était en 2004 dans la moyenne des tarifs du G7, il était déjà 20% plus cher en Espagne, +25% aux Pays-Bas, +70% au Portugal et +93% au Danemark.
De même, il ne faut pas s'attendre à une baisse à terme des prix de l'électricité du fait de la libéralisation des marchés. Les nouveaux entrants qui concurrenceront l' "opérateur historique" n'auront pas accès au nucléaire et la production d'électricité à l'aide de centrale thermiques va directement suivre les prix des énergies pétrolières. En janvier 2005 par rapport au prix TTC français, l'électricité est 20% plus chère en Belgique, 40% plus chère aux Pays Bas, +50% en Allemagne et en Irelande, +80% au Danemark.
Pour vous convaincre s'il en est encore besoin : début 2005, le tarif des renseignements téléphoniques "12" de France Télécom était de 0,80€ forfaitaire. Début 2006, 15 des 17 principaux numéros "118 xxx" présentent des tarifs à partir de 0,90€ et pouvant facilement dépasser les 1,50€. Le service de France Télécom 118 008 étant passé à 1,01€ ! Le tout dans une complexité accrue du calcul des prix rendant plus difficile la comparaison.
En ce début de période d'incertitude, il est impératif de choisir un système de chauffage permettant de changer facilement d'énergie. C'est pourquoi ce dossier va présenter de manière distincte les énergies des émetteurs de chaleur et des générateurs de chaleur.

Sauf mention contraire, les prix donnés dans ce dossier sont "bruts", c'est à dire sans tenir compte du crédit d'impôt éventuellement applicable.
Le bois
Le bois est un combustible renouvelable car tout le CO2 émis lors de la combustion sera absorbé pendant la croissance des arbres replantés.
Aussi la pose d’appareils de chauffage au bois permet de bénéfier d'un crédit d'impôt de 50% en fonction de critères de rendement et respect de norme.
Depuis les années 2000, les poëles et inserts de cheminées ont fait d'énormes progrès en terme de rendement qui peut atteindre jusqu'à 85% (alors que le rendement maximum n'était que de 50% avec les poëles et inserts des années 1980 / 1990).
De plus, les appareils modernes réduisent considérablement les émissions de dioxyde de carbone et suppriment la pollution par le souffre. Ils sont équipés d'une chambre de post-combustion et d'un ventilateur extracteur piloté par sonde pour contrôler le niveau d'oxygène nécessaire. Il n'y a plus de phase de ralenti, donc plus de formation de goudron.
Enfin, le développement du combustible bois sous forme de granulés ou de plaquettes permet de s'affranchir du chargement des bûches.


Le gaz naturel (méthane)
Son prix a augmenté et va continuer à le faire. Pour autant, si votre logement peut-être relié au réseau, c'est encore une énergie intéressante du point de vue du compromis investissement/coût d'exploitation/confort. Il évite l'investissement d'une cuve de stockage.
Toutefois, sa réputation de propreté ne doit pas faire oublier qu'il s'agit d'une égergie fossile dont la combustion participe à l'effet de serre.


Le gaz propane
Le gaz propane (livré en cuve) a maintenant un coût d'utilisation comparable à l'électricité (donc encore plus élevé que le fioul), ce qui rend le choix de cette énergie peu opportun.


Le fioul
Les chaudières modernes (à haute pression et/ou à condensation) ont fait d'énormes progrès en terme de consommation, mais le coût d'installation, la nécessité de stockage, l'entretien, la pollution (1,5 fois plus d'oxyde de carbone, 3 fois plus d'oxyde d'azote et 8 fois plus d'oxyde de soufre qu'une chaudière à gaz naturel) font de cete énergie un choix obsolète, en tout cas pour les constructions neuves.
A performance égale, les chaudières fioul sont assez nettement plus chères que les chaudières gaz.
De plus, la montée du prix du pétrole se répercute beaucoup plus durement sur le fioul, moins taxé que le gazole.


L'électricité
Le mode de chauffage le plus polluant !
Dans le pays phare de l'électricité nucléaire, l'accent est mis au tout électrique et notre consommation électrique ne fait qu'augmenter.
La part de l'électricité nucléaire est passée de 78,3% en 2002 à 83,4% en 2004.
Mais l'électricité nucléaire (à priori 0%CO2) ne suffit pas à alimenter tous les convecteurs les jours d'hiver et EDF doit alors allumer les centrales thermiques.
Or il faut 3,5 fois plus de fioul, de gaz ou de charbon pour alimenter une centrale qui chauffera un logement à l'électricité que si le logement était directement équipé d'une chaudière brûlant ce même fioul ou gaz. Donc 3,5 fois plus de CO2 émis. (rendement des centrales électriques nucléaires ou thermiques = 33% + pertes dans les lignes électriques=11%).
L'Ademe a publié en 2005 une note restée bien discrète différentiant le contenu en CO2 de chaque kilowattheure électrique, selon les usages faits de l'électricité.
Il en ressort que chaque kWh électrique consommé en période de chauffage produit 180g de CO2 et jusqu'à 260g les années à hiver froid, cette pollution par contribution à l'effet de serre étant bien évidemment à ajouter aux déchets nucléaires.
A titre de comparaison un kWh de chauffage émet :
200 g de CO2 s'il est produit par une chaudière gaz
280 g de CO2 s'il est produit par une chaudière fioul
900 g de CO2 s'il était produit par une seule centrale thermique au charbon alimentant un convecteur électrique
D'après les prévisions de l'ADEME (cf note de débat sur les ENR page 41), la contribution CO2 d'un kilowattheure électrique pour le chauffage passera à 300 grammes en 2010.
Même s'il est très propre chez vous, le chauffage électrique (dit "à effet Joule") reste le plus cher et le plus polluant ... et le sera de plus en plus.
Rapellons que le chauffage électrique est interdit au Danemark et que dans certains cantons suisses, il n'est autorisé que si le promoteur immobilier réussit à démonter qu'il ne peut pas utiliser un autre mode de chauffage.


Le solaire
Le Système solaire combiné (parfois dénommé « Combi solaire ») est une installation utilisant le rayonnement solaire pour couvrir une partie des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire.
La surface des capteurs mise en œuvre dans un système solaire combiné est généralement comprise entre 10 et 20 m2.
L'apport solaire dépend de la surface des capteurs et des besoins de chauffage de la maison. La part de chauffage assurée par le soleil sera d'autant plus importante que la maison est bien isolée.
De même, les capteurs devront être inclinés entre 45 et 60° (minimum 30°) pour bien bénéficier du soleil rasant d'hiver.
Pour utiliser le solaire pour chauffer sa maison, il est donc déconseillé d'intégrer le capteur dans des toits peu pentus (cas du midi de la France).
Voici trois exemples pour une maison isolée selon les normes de réglementation thermique 2000 et dont les capteurs sont orientés au sud (+/- 20°) et inclinés à 45°.

Exemples de maisons (isolées selon la réglementation thermique 2000) Apports solaires obtenus en % :
- 110 m2 habitables à Marseille, 13 m2 de capteurs, 4 personnes 4600 kWh d'économie, soit 50%
- 150 m2 à Strasbourg, 18 m2 de capteurs, 6 personnes 6400 kWh, soit 30%
- 110 m2 à Grenoble, 16 m2 de capteurs, 4 personnes 5500 kWh, soit 40%
Moins de soleil dans le Nord ... mais plus d'économies : c’est l’adéquation entre les besoins et l’ensoleillement disponible qui détermine la productivité des capteurs solaires. Ainsi, même si le pourcentage d’économie d’énergie est plus élevé dans le sud que dans le nord, la quantité d’énergie économisée sera pas plus importante dans le nord et l'est de la France (cf exemple précédent).

Prix des énergies en Euros TTC, mai 2006

énergie électricité (effet joule) électricité (effet thermo- dynamique, pompe à chaleur) gaz propane (cuve) fioul domestique gaz naturel bois (bûches) bois (granulés vrac) solaire
coût du kilowattheure (1) 0,106 / 0,064 0,06 / 0,04 0,075 à 0,11 (3) 0,077 0,044 0,022 0,044 0,046 0,00
frais annuels typiques (abonnement, location) 104 195 104 195 240 117
(1) tarif "jour" et "nuit" pour l'électricité (avec abonnement double tarif), TVA et taxes locales inclues. Les autres tarifs sont basés sur une capacité calorifique de 14000 kWh/tonne pour le propane, de 10570 kwh/tonne pour le fioul (0,68 €/litre, densité 0,84), de 1700 kWh/stère pour le bois de chêne et de 5000kWh/tonne pour le bois en granulés (230€/t). Prix du gaz naturel indiqué pour la zone 2 et l'abonnement B1. Rendement des chaudières non pris en compte.
(2) voir nos pages orientation et murs pour en savoir plus
(3) selon les sources d'information
Retrouvez également l'argus des énergies fréquemment mis à jour dans le site du Cabinet Sidler.
Capacité énergétique de différents combustibles

Combustible Pouvoir calorifique inférieur PCI (supérieur PCS) en kWh/kg Emission de CO2 par rapport à PCI (PCS) en kg/kWh
Houille 8,14 (8,41) 0,350 (0,339)
Fuel domestique 10,08 kWh/l (10,57) 0,312 (0,298)
Gaz naturel 10,42 kWh/m3 (11,42) 0,200 (0,182)
Propane (à 0,51 kg/l) 12,90 kWh/kg (14,00) 0,240 (0,220)
Le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) des combustibles est la quantité totale de chaleur dégagée par la combustion. Il concerne les chaudières conventionnelles.
Le Pouvoir Calorifique Supérieur (PCS) est égal à la somme du PCI et de la chaleur latente dans la vapeur d'eau produite par la combustion. Il concerne les chaudières utilisant la technique de la condensation.
Par convention, le rendement d'une chaudière est le rapport entre la chaleur émise et le PCI correspondant au combustible consommé. C'est pourquoi le rendement des chaudières à condensation dépasse généralement les 100%.

Gaz naturel 10,42 kWh/m3 (11,42) 0,200 (0,182)
Propane (à 0,51 kg/l) 12,90 kWh/kg (14,00) 0,240 (0,220)
Le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) des combustibles est la quantité totale de chaleur dégagée par la combustion. Il concerne les chaudières conventionnelles.
Le Pouvoir Calorifique Supérieur (PCS) est égal à la somme du PCI et de la chaleur latente dans la vapeur d'eau produite par la combustion. Il concerne les chaudières utilisant la technique de la condensation.
Par convention, le rendement d'une chaudière est le rapport entre la chaleur émise et le PCI correspondant au combustible consommé. C'est pourquoi le rendement des chaudières à condensation dépasse généralement les 100%.

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